Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou fait partie des plus grands entrepreneurs camerounais de la premiere generation.Orphelin à douze ans, Mohammadou Abbo Ousmanou est l’un des hommes les plus riches du Cameroun. Pas un miracle, selon lui. Simplement le travail et la grâce de Dieu.Comme bien d’autres de ses compères de l’époque,Le parcours du dignitaire de l’Adamaoua est admirable, ses réalisations sont palpables et sa contribution à la construction de la nation camerounaise restera historique.

 

C’est vers 1936 qu’Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou voit le jour dans le département de la Vina dans la région du château d’eau du Cameroun. Très tôt, il perd son père et comme de nombreux cas, il doit se lancer très jeune dans la vie active pour subvenir à ses besoins et ceux de ses proches. Alhadji Abbo avoue n’avoir jamais souhaité aller à «l’école des blancs», mais affirme écrire et parler correctement français et anglais à présent. «Je dois vous préciser que même si je ne suis pas allé à l’école des blancs, j’ai fait des études coraniques chez mon maître Mal Mahondé», ajoute-t-il, comme pour signifier qu’il est doté d’une éducation autre.

« Je n’ai pas fait de miracle, soutient-il. Il faut avoir confiance en soi, en ce qu’on fait aussi. Il faut être honnête, avoir foi en Dieu. Chaque fois que j’allais demander un crédit, et même encore aujourd’hui, je prie et demande à Dieu de m’aider à le rembourser. Le reste vient seul en travaillant. Un homme qui fait des affaires doit être prudent, savoir évaluer et prendre le risque déjà évalué. »

A la disparition de son père alors qu’il n’avait que 7 ans, ses frères et lui ont été placés par la force des choses sous la tutelle de l’un des amis du défunt, Alhadji Mamoudou Bodédjo, qui les «a bien élevé comme il faut », dit-il.  Son premier diplôme occidental, a été l’obtention d’un permis de conduire en 1956. Grâce à ce permis de conduire,  il exerce comme chauffeur après du médecin chef de l’Hôpital Central de N’Gaoundéré, le Capitaine Loez Jacques. Puis, il se lance dans les transports en commun, comme chauffeur en location pour Alhadji Mohamadou Pantami à Garoua. «Je lui versais la somme de 150 000 FCFA par mois en honorant régulièrement les échéances», se rappelle-t-il nostalgique.

C’est ainsi qu’à 12 ans le jeune Mohamadou devient « motoboy » auprès d’un transporteur. Quelques années plus tard, en 1956 il obtient son permis de conduire et devient chauffeur principal dans le transport en commun pour le compte d’Alhadji Mohamadou Pantani à Garoua. En homme ambitieux, il ne se contente pas de son salaire de transporteur et grâce à ses économies, il se lance en parallèle dans le commerce, plus tard il obtiendra un prêt bancaire.

Grâce à l’octroie d’un crédit à la Banque Camerounaise de Développement (BCD), il a acquis son premier car. «Après un acompte provenant des ressources personnelles et de la vente des bœufs laissés par mon père, j’ai soldé rapidement le crédit de la BCD» explique-t-il. Une chose en entrainant une autre, Alhadji Abbo investi ensuite dans le commerce alimentaire et se spécialise dans le domaine de l’import/export. Il est à présent le patron de l’un des plus gros réseau de l’industrie agro-alimentaire,tout de même conscient du fait que «l’avenir repose sur l’agriculture, l’élevage et l’industrie».

Au fil des années, le fils de N’Gaoundéré va bâtir sa fortune petit à petit entre commerces de bétail, commerce général, agriculture, transport, tourisme, industrie entre autres.

L’entrée de l’Hôtel Relais St Hubert de Garoua

Alhadji Abbo est l’un des plus grands producteurs de maïs du Cameroun à travers son entreprise Maïscam. Il est également présent dans le tourisme avec son hôtel le relais St Hubert de Garoua. Il est présent dans le transport dans toutes les régions du septentrion du Cameroun. Il est également propriétaire d’un des plus grands ranchs du Cameroun le ranch AMOA qui compte plus de 10 000 têtes de bovins. Le grand Alhadji Mohamadou Abbo est également à la tête du conseil d’administration de la société sucrière NOSUCA.

Alhadji Mohamadou Abbo c’est aussi un homme d’affaires qui sait se faire plaisir. Il est propriétaire d’un impressionnant château bâtit sur plus de 3 hectares dans la ville de N’Gaoundéré. Celui qui n’a jamais voulu faire l’école des blancs est par ailleurs très instruit, il parle et écrit le français et l’anglais. Aujourd’hui il est considéré comme une des plus grandes fortunes du Cameroun. Mais la vérité est que cette fortune s’est construite pendant plus de 60 ans. La vision, le travail et l’ambition ont beaucoup apporté à Alhadji ABO qui est père de 36 enfants pour 4 femmes. À plus de 80 ans, le dignitaire a des raisons multiples de se réjouir de son parcours et de l’ensemble de ses réalisations.

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