(InterAfrique)-Le républicain est devenu mercredi le 45e président américain, même si son adversaire démocrate l’a devancé de plus de 200.000 voix. Explications.

Il s’est posé en adversaire du système et c’est pourtant ce système qui permet à Donald Trump de devenir président des Etats-Unis. Alors que le milliardaire a remporté 290 grands électeurs, soit plus que la majorité absolue nécessaire pour être élu (270), Hillary Clinton, qui a reconnu mercredi soir sa défaite, a pourtant obtenu davantage de voix dans les urnes: 59.624.426 pour la candidate démocrate contre 59.424.248 pour le républicain.

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Une situation qui peut surprendre de ce côté de l’Atlantique, mais qui n’en est pas moins parfaitement légale: pour devenir président des États-Unis, le 12e amendement de la Constitution américaine stipule qu’un candidat doit remporter l’assentiment d’au minimum 270 grands électeurs composant le «Collège électoral», soit les 538 grands électeurs répartis à travers les 51 États américains et le district de Columbia. En revanche, la Constitution ne contraint pas le candidat à obtenir la majorité dans les urnes. Ce système de suffrage universel indirect nécessite alors de remporter 51 % des scrutins dans de grands États tels que la Californie, le Texas, ou la Floride, pour rafler la totalité des grands électeurs, soit respectivement 55, 38 et 29 électeurs.

Ce système électoral, critiqué par certains, dont Donald Trump lui-même en 2012, comme étant anti-démocratique, a permis à quatre reprises d’ériger un candidat en président sans qu’il détienne pour autant la majorité des voix. Au cours du XIXe siècle d’abord, ce «décalage» a été observé lors des élections disputées de Rutherford B. Hayes en 1876, de Benjamin Harrison en 1888 et de John Q. Adams en 1820, ce dernier étant devenu président suite à un vote du Congrès, n’ayant obtenu une majorité absolue au collège électoral.

Plus récemment, en 2000, George W. Bush a remporté l’élection face au candidat démocrate Al Gore alors même que ce dernier disposait d’une avance de 550.000 voix sur l’ensemble du territoire américain. Cette situation, qui s’était traduite par une bataille judiciaire acharnée entre les deux adversaires, avait débuté suite à la demande d’Al Gore de recompter les voix dans l’Etat de Floride, l’un des fameux «Swing States». Alors que la Cours Suprême de Floride, majoritairement démocrate, avait autorisé le recomptage des bulletins, elle avait été déboutée par la Cour suprême américaine au motif qu’il était impossible de procéder à un recomptage dans les délais imposés par la Constitution américaine. La Floride, dont le gouverneur de l’époque n’était autre qu’un certain Jeb Bush, avait donc été remportée par George W. Bush, lui permettant d’accéder à la Maison-Blanche. Ultérieurement, des recomptages indépendants concluraient pourtant à une courte victoire d’Al Gore en Floride.

Si la remise en cause du scrutin, et donc un recomptage, n’est pas envisagé par le clan démocrate, Donald Trump devra prendre en compte le paradoxe de son élection où, avec une faible participation de 54,2%, sa victoire est issue du vote du collège électoral et non du vote populaire.

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