Un rapport de McKinsey sur le poids des genres au sein des élites africaines, indique que l’égalité entre les femmes et les hommes « demeure encore éloignée ». Il note cependant que les femmes sont davantage présentes dans les conseils d’administration des grandes entreprises africaines que dans d’autres régions du monde, et que leur rôle au sein des exécutifs publics et des parlements nationaux s’est amélioré.

Malado Kaba, Nialé Kaba et Rosine Sori-Coulibaly, nommées au sein des nouveaux gouvernements du Burkina, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire en janvier 2016. © DR/Issouf Sanogo/AFP
Malado Kaba, Nialé Kaba et Rosine Sori-Coulibaly, nommées au sein des nouveaux gouvernements du Burkina, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire en janvier 2016. © DR/Issouf Sanogo/AFP

L’Afrique devant l’Asie,l’Amérique latine et l’Europre

Cela dit, ressort-il du rapport, l’Afrique n’est pas à la traîne. Ainsi, dans les 210 sociétés africaines cotées dans 14 Bourses* dont les organigrammes ont été examinés par les équipes de McKinsey, il ressort que 5 % de femmes sont directrices exécutives et que 15 % d’entre elles occupent des places au sein des conseils d’administration.

C’est mieux qu’en Asie (4 % et 10 %) et qu’en Amérique latine (2 % et 6 %). L’Europe (3 % et 18 %) fait mieux pour les conseils d’administration mais moins bien pour les directrices exécutives, et les États-Unis (5 % et 17 %) sont devant.

Dans les grandes sociétés privées

Certains pays africains présentent des contingents de hauts cadres féminins beaucoup plus étoffés que d’autres… Il suffit d’ailleurs de constater quelles femmes ont contribué à l’étude pour voir que les Nigérianes y occupent les avant-postes : Amina Oyagbola, à la tête des RH chez MTN Nigeria, Arunma Oteh, trésorière et vice-présidente de la Banque mondiale, ou encore Bola Adesola, qui dirige Standard Chartered Bank Of Nigeria. Miriem Bensalah Chaqroun, la première femme élue à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), est également mentionnée.

Côté public, la proportion de femmes au sein des parlements nationaux (24 %) place l’Afrique au-dessus de la moyenne mondiale (21 %). Une proportion qui a été multipliée par 1,8 entre 2000 et 2014, et par 5,5 pour les femmes nommées dans des équipes gouvernementales (de 4 % en 1980 à 22 % en 2014), selon les données exploitées par McKinsey**.

Les situations varient, là aussi, de manière considérable d’un pays à l’autre : entre le Rwanda et ses 60 % de femmes au Parlement, le Sénégal qui tourne autour de 45 % et la Côte d’Ivoire qui dépasse péniblement les 10 %, selon des données du Forum économique mondial citées par McKinsey.

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