Entretien croisé entre Felwine Sarr et Achille Mbembe à l’occasion des premiers Ateliers de la pensée qui réuniront à Dakar, fin octobre, intellectuels et artistes.

Pas « assez entré dans l’Histoire », « cœur des ténèbres », continent de l’oralité et du sous-développement… les clichés sur l’Afrique ont la vie dure, quelle que soit la quantité ou la qualité des études qui les contredisent. Conscients de la faible audience dont ils jouissent auprès du grand public et dans les milieux académiques internationaux, une vingtaine d’intellectuels francophones du continent ont décidé de se réunir fin octobre à Dakar et à Saint-Louis à l’occasion des Ateliers de la pensée. Une initiative que l’on doit à Felwine Sarr et à Achille Mbembe.

Figures de proue de la pensée critique africaine, le Sénégalais et le Camerounais proposent, chacun à leur manière, une approche transversale. Professeur d’économie, philosophe, poète, musicien, dramaturge, libraire, éditeur, Felwine Sarr est, à 44 ans, un libre penseur. Jamais là où on l’attend, il questionne inlassablement les connaissances établies et se situe à la croisée des disciplines, à l’image d’Achille Mbembe, 61 ans, historien spécialiste du « maquis camerounais » devenu politologue, philosophe et dont l’écriture théorique se fait parfois poétique.

Tous deux sont convaincus que ce qui se joue aujourd’hui, c’est la « planétarisation de la question africaine ». Le continent peut être le moteur de notre monde, mais pour ce faire il doit parachever sa décolonisation, réactualiser les valeurs qui sont les siennes et proposer un projet de civilisation ancré dans « ses potentialités heureuses ». Cela suppose de réfléchir aux modèles politiques et économiques à mettre en place, quitte à renoncer à la notion de « développement », à penser des démocraties sans nécessairement recourir à des élections, à se demander si le continent doit défendre le « spécifiquement africain » ou la « créolité », à moins que ces deux pistes ne soient complémentaires. Autant de questions qui font déba

Les Ateliers de la pensée sont-ils le pendant africain du colloque d’Alain Mabanckou au Collège de France en mai ?

Felwine Sarr : Pas du tout ! Achille et moi souhaitions initialement faire à Dakar une lecture croisée de nos livres sortis concomitamment, Politiques de l’inimité et Afrotopia, et au fil de nos échanges nous avons décidé d’élargir la conversation à d’autres penseurs et écrivains d’Afrique et de la diaspora. L’idée est de contribuer à recréer une communauté intellectuelle afin de faire éclore un penser-ensemble, dans sa diversité et ses tensions, autour des questions qui nous concernent et nous semblent urgentes.

Il s’agit d’instaurer un rendez-vous annuel pour, à partir d’un lieu, le continent africain, penser le monde contemporain et ses transformations. Il est important de comprendre la genèse d’un projet et, surtout, de ne pas toujours faire de nos entreprises des excroissances ou des avatars d’événements qui se sont passés ailleurs. C’est une idée qui nous trottait dans la tête depuis quelque temps et le moment nous a semblé opportun.

Achille Mbembe : Tout à fait. Ce que la présence d’Alain Mabanckou au Collège de France a révélé au grand jour, c’est une sorte d’apartheid interne qui structure la géopolitique du français, qui repose sur une distinction absurde entre ce qui est « français » et ce qui est « francophone ». Or la langue dans laquelle nous, citoyens d’autres pays et citoyens français, écrivons est exactement la même, avec certes, des accents particuliers.

N’étant plus des « étrangers » au sein de la langue française, il n’y a strictement aucune raison de se voir affubler le qualificatif de « francophone ». C’est pourquoi ces premières assises privilégient l’écriture, la pensée et la création afro-diasporique d’expression française ; ce qui ne veut pas dire que nous souscrivons à la balkanisation du continent.

Pourquoi est-il si important de réunir ces chercheurs sur le continent ?

FS : Aujourd’hui, nous circulons individuellement et nous nous retrouvons de temps à autre lors de salons du livre, mais la discussion n’est pas suivie. Il nous manque une mise en réseau, une communauté intellectuelle dans sa diversité. Il nous faut des espaces où nous pouvons confronter nos idées et saisir le pouls de ce que se joue au niveau global.

AM : Ce qu’il faut comprendre, c’est que le nouveau siècle s’ouvre sur deux dé placements historiques majeurs. L’Europe ne constitue plus le centre du monde, même si elle en est toujours un acteur relativement décisif. Et l’Afrique – ou le Sud de manière générale – apparaît de plus en plus comme le théâtre privilégié où risque de se jouer, dans un avenir proche, le devenir de la planete. Dans ce contexte, une réflexion neuve sur une nouvelle politique du futur africain est indispensable. Nous devons le faire ensemble.

Vous évoquez « un renouveau relatif de la pensée critique afro-diasporique d’expression française ». Expliquez-nous…

FS : Avec le postcolonialisme, il y a une tentative de renouveler les cadres conceptuels à l’intérieur desquels on pense les dynamiques du continent. Par exemple, faut-il penser nos économies en termes de « développement » ? Je ne le crois pas. Le concept de « développement » a été forgé à un moment particulier de l’histoire occidentale et ne convient plus nécessairement à notre Afrique actuelle. Nous devons penser notre futur par nos propres moyens et proposer un projet de civilisation qui mette l’homme, et non pas la production ou la consommation, au cœur des préoccupations, en articulant un meilleur équilibre entre l’économique, le culturel et le spirituel.

Cette tentative de penser d’autres concepts n’est pas présente uniquement dans les réflexions philosophiques. En Afrique subsaharienne, on la retrouve dans la création littéraire, mais aussi dans la rue, l’architecture, les arts

AM : Tout à fait. Quand on dit « pensée critique », on se réfère en réalité à l’ensemble des disciplines de l’écriture, de la création, de l’interprétation et de l’imagination. Elle ne se limite pas aux textes philosophiques lourds mais elle se manifeste dans maintes autres productions de l’esprit : littérature, arts plastiques, photographie, danse, théâtre, etc. Nous sommes dans une période d’extraordinaire fermentation qui me fait dire que l’art du XXIe siècle risque d’être « africain ».

Peut-on penser l’Afrique aujourd’hui sans se référer au colonial ?

FS : Il faudra bien qu’un jour on arrive à penser un temps qui ne se réfère pas au colonial et imaginer des concepts créateurs afin de saisir un élan qui signe un temps autre. Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, nous devons, à l’image des penseurs d’Amérique latine, penser le « décolonial ». Car, dans notre monde dit « postcolonial », les rapports coloniaux perdurent…

AM : Nous devons affiner le questionnement historique lui-même. De la même manière, notre histoire ne se limite pas à l’Atlantique et à la Méditerranée. Elle épouse d’autres faisceaux transnationaux qui vont des mondes islamiques aux mondes malais, chinois et indiens. Revisitons la question de la circulation et du mouvement, concevons-les comme des ingrédients structuraux à partir desquels se sont forgées nos cultures. C’est une manière de réagir à la militarisation de nos frontières et aux idéologies de la différence.

Autre exemple : l’Afrique n’a peut-être pas inventé l’idée de l’universel, mais elle a développé toutes sortes de conceptions du « commun », où ce qui compte est la relation et non pas l’être, où le social et l’individuel se complètent. Des conceptions qui pourraient servir de base à la critique du néolibéralisme, règne du chacun pour soi.

Vous évoquez une nouvelle génération qui porte cette pensée critique. Quelle est-elle ?

AM : Beaucoup de ses membres font des allées et venues entre l’Afrique et l’extérieur. Dans le domaine de la photographie par exemple, je pense au remarquable travail du Congolais Sammy Baloji sur la mémoire. Pour la danse, la chorégraphie et le théâtre, comment ne pas citer Faustin Linyekula et ses efforts pour faire du corps le dernier rempart de la liberté ? La production sonore suit des chemins tout aussi riches. De nouvelles commissaires d’exposition, des directrices de galeries et d’espaces de création, comme Christine Eyene, Koyo Kouoh, marchent sur les traces de Simon Njami, d’Okwui Enwezor et de quelques autres. Il en est de même des voix nouvelles dans le roman, la philosophie, à la manière de Yala Kisukidi.

Comment expliquer le peu de visibilité des femmes ?

FS : Les raisons sont structurelles. Il y a dix fois moins de femmes que d’hommes à des postes d’enseignants-chercheurs. Si les femmes sont sous-représentées, c’est lié à leur statut dans nos sociétés, aux conditions dans lesquelles elles accèdent à ces postes et à la manière dont nos académies fonctionnent.

AM : Et en même temps, les femmes haussent de plus en plus le ton. A ce rythme, les dix prochaines années risquent fort d’être les leurs. Léonora Miano, Scholastique Mukasonga, Hemley Boum, Kidi Bebey… la liste est longue.

Quelles formes prend la critique féministe africaine aujourd’hui ?

FS : Elle ne veut pas être assimilée à la critique féministe occidentale, même s’il existe des problématiques universelles. Les femmes engagées sur cette question revendiquent une autonomie de parcours, de problématiques, d’intérêt et de formes.

AM : Toutefois, la tradition continentale qui a surtout pris racine dans les années 1980-1990 était largement inspirée par l’économie politique du développement d’inspiration anglo-saxonne. A quelques rares exceptions près avec Ifi Amadiume et Sylvia Tamale, cette tradition s’intéresse plus à la praxis qu’à la théorie. Par ailleurs, le classement des identités de genre est devenu plus complexe que jamais.

Avec l’apparition sur la scène publique des mouvements trans et queer, l’hétéronormativité – dont sont accusés aussi bien le patriarcat que le féminisme traditionnels – fait l’objet de violents procès. D’où l’essor récent, notamment en Afrique du Sud, d’approches dites de « l’intersectionnalité » empruntées au vocabulaire américain. Mais je doute que l’invocation d’un concept aussi mécanique règle véritablement quoi que ce soit.

Penser l’Afrique et penser en Afrique sont deux choses différentes. L’ancrage dans le continent est-il nécessaire ?

FS : Il est utile. Mais en faire une nécessité absolue, c’est exclure tous ceux qui pensent le continent à partir d’autres lieux. Il n’est pas bon de considérer que l’objet « Afrique » appartient exclusivement aux Africains.

AM : Il faut surtout bâtir des passerelles. La pensée critique la plus vivante aujourd’hui est le produit de toutes sortes de circulations. L’essentiel, ce n’est pas de vivre en Afrique, même si cela peut aider. C’est de savoir ce que l’on fait des rencontres, au fur et à mesure que l’on arpente les chemins de la vie et du monde. L’Afrique n’est bien pensée que lorsqu’elle l’est en tant qu’espace mouvant.

Achille Mbembe, vous défendez une Afrique créole. Felwine Sarr, vous appelez à revaloriser le « spécifiquement africain ». Est-ce contradictoire ?

FS : Non. En fait, c’est le point de départ de nos lectures qui diffère. Il me semble que si nous partons de la créolité, de l’hybridité ou du métissage, nous omettons une asymétrie symbolique importante. Le Japonais ou l’Occidental n’a aucun problème à être dans un tout-monde fait de synthèse et de métissage, puisque les éléments de son apport sont reconnus de tous. Ce n’est pas le cas pour l’Africain.

On sort de cinq siècles de déni symbolique, culturel et civilisationnel. Dans ce monde qui est censé être le nôtre à tous, certains nous demandent encore ce que nous apportons. Il importe donc de mettre en évidence que d’une partie spécifique du monde, de géographies particulières, de visages singuliers de l’expérience humaine, des femmes et des hommes ont apporté des choses importantes pour eux-mêmes et pour les autres.

AM : Le terme de « créolisation » ne décrit peut-être pas ce processus de manière adéquate. Mais c’est bien dans le mouvement et dans la circulation qu’il faut chercher le « spécifiquement africain ».

Plus de cinquante ans après les indépendances, l’une des questions centrales est de déterminer ce qu’« être africain » veut dire…

AM : Cette question doit demeurer ouverte. Résolument. Etre africain, c’est lier en toute conscience son sort à celui de l’Afrique et aller à la rencontre du monde. Cela n’a rien à voir avec la couleur de la peau, la religion, l’ethnicité. Il faut penser en termes d’Afrique-monde, afin de faire leur part aux Afro-Indiens, aux Afro-Européens, aux Afro-Chinois, aux Afro-Arabes, etc. C’est ça l’afropolitanisme. Il n’y aura jamais de définition arrêtée de ce que c’est que d’être africain. Nous devons, au contraire, nous laisser habiter par cette question, apprendre à vivre avec elle dans son irrésolution si nous voulons être heureux.

FS : Généralement, la question de l’identité se pose au passé. Mais la culture est un concept transactionnel. C’est un fait et une dynamique. Il nous faut la projeter dans l’avenir. Nous devons clarifier ce qu’« être africain » doit pouvoir signifier pour nous dans le temps à venir. Si nous savons qui nous voulons devenir à partir de ce que nous sommes, alors nous posons les bases de nombreuses questions : quelle Afrique pour l’avenir ? Quel espace ? Quelle fraternité ?, etc. A partir de là, nous pouvons articuler, interroger, réagencer nos différents héritages en vue de ce que nous voulons être.

Mais se pense-t-on africain de la même manière au nord qu’au sud du Sahara ? La séparation coloniale entre ces deux Afrique semble perdurer…

FS : C’est un fait et il faut le regarder en face. Durant le Moyen-Age africain, cette séparation n’existait pratiquement pas. Les biens, les individus, les idées circulaient. L’Afrique du Nord était habitée de Maures et de Négroïdes. Son arabisation et sa perception d’elle-même comme étant blanche sont venues bien plus tard. De la même manière, l’appellation « Afrique noire » n’était pas pertinente. Mais il se trouve que ces cinq derniers siècles, l’Afrique du Nord s’est conçue comme une entité à part, tournée vers la Méditerranée plus que vers le sud du continent. Il y a des clivages forts. Des problèmes identitaires, du racisme. Ce sont des questions que l’on doit aborder en toute lucidité et en toute objectivité. On ne peut pas raccrocher ces deux parties du continent sans faire le point sur ce qui nous oppose et nous divise.

AM : De fait, tout cela n’aide pas à réimaginer une Afrique qui redeviendrait son centre propre et un vaste espace de circulation. Il existe un écran imaginaire entre le nord et le sud du continent. Un des buts des Ateliers, c’est de le briser.

Un franc CFA subordonné à l’euro, une Union africaine financée à 70 % par des donateurs étrangers, des accords de partenariat économique (APE) qui vont asphyxier les économies africaines… Le lien de domination coloniale a-t-il été réellement rompu ?

AM : Non ! Il nous appartient de le rompre et de le remplacer par d’autres formes d’échanges. Aucun Etat africain n’y parviendra seul. Pour y arriver, l’Afrique devra ouvrir ses frontières internes, instituer un droit de retour pour les vieilles communautés exilées qui voudraient relier leur sort à celui du continent, imaginer des formes flexibles de la citoyenneté, sortir du carcan de l’Etat-nation, accueillir de nouvelles diasporas.

Faut-il réinvestir l’utopie du panafricanisme, qui semble tombé en désuétude ?

FS : Cette utopie s’est essoufflée. Nous sommes enserrés dans des identités nationales. Cette utopie doit être remise au goût du jour car l’Afrique est un projet, une entité symbolique, politique à construire et pour cela nous devons sensibiliser les populations. Mais pour être cohérent, cela suppose que l’on puisse circuler, s’établir dans un pays comme dans un autre et qu’on ait le sentiment que, dans ces espaces-là, nous sommes les bienvenus.

Comment produire une pensée critique propre à l’Afrique qui soit universelle ?

AM : En prenant au sérieux l’événement majeur que représente sa planétarisation ; le fait que l’avenir de la planète se joue peut-être en Afrique. Et en comprenant avec Fanon, Glissant et tous nos précurseurs, qu’il nous faut puiser dans l’ensemble des archives du monde. C’est du monde dans son ensemble que nous, Africains, héritons. Pas d’une province.

Peut-on concilier développement et développement durable ? Y a-t-il une pensée africaine de l’écologie ?

FS : Concernant notre rapport à l’environnement et à l’écologie, il y a des ressources dans les sociétés africaines traditionnelles qui ne demandent qu’à être investies d’un point de vue théorique. Toute la culture des ancêtres, des mânes, ce qu’on appelle l’animisme, cette « écologie première », nous rappelle que nous ne sommes pas « maîtres et possesseurs » de la nature. Ce que certains ont considéré comme un manque d’esprit de conquête et un retard apparaît, au contraire, comme une sagesse ancienne. C’est ce que Gaston-Paul Effa rappelle dans Le Dieu perdu dans l’herbe. Cette piste est très féconde pour repenser notre rapport à l’environnement.

Depuis 2011, l’Afrique a connu des bouleversements, avec des soulèvements populaires. Y a-t-il un renouveau des sociétés civiles africaines ?

FS : Absolument. On a une jeunesse qui aspire à plus de démocratie. Au Burkina, au Sénégal, mais aussi dans les deux Congos, et même au Gabon ou en Mauritanie, les sociétés civiles ont décidé de faire advenir dans leur présent des sociétés beaucoup plus équilibrées, plus justes et plus ouvertes. C’est une dynamique contre laquelle on ne pourra rien.

AM : D’importants progrès ont été réalisés, c’est indéniable. Mais les blocs historiques qui ont hérité du pouvoir au lendemain de la colonisation ne l’ont plus jamais lâché. Et souvent, il faut le reconnaître, les choses n’ont pu bouger que lorsque des divisions ont éclaté au sein de ces classes-là.

On a souvent plaqué des concepts européens, comme l’Etat-nation ou même la démocratie, sur des réalités africaines. Comment les rendre valides ?

AM : Nos formations étatiques sont des assemblages plus ou moins hétéroclites de territoires fort divers. Ce ne sont pas des unités disposant d’une relative cohérence et continuité. La question est de savoir à quelles conditions ces accidents de l’Histoire pourraient se transformer en projet, en concept et en idée. Nous en sommes encore très loin. Cela prendra quelques siècles et nécessitera une ou deux révolutions.

FS : Pour être efficace et qu’elle fasse sens aux populations concernées, la démocratie doit être endogène et épouser les formes culturelles et civilisationnelles. Au Sénégal, des chercheurs réfléchissent à de nouvelles formes de démocratie et l’élection n’apparaît pas comme un critère central. On sait très bien que l’élection ne garantit pas l’expression de la volonté du plus grand nombre. Sans compter qu’elle est devenue une technologie que l’on peut capturer, biaiser et manipuler, la transformant alors en outil antidémocratique.

Quels sont les prochains défis du continent ?

FS : On a une démographie galopante. Sauf catastrophe majeure, dans trente-cinq ans, nous serons 2,4 milliards d’Africains, un quart de l’humanité. L’urbanisation est croissante mais anarchique. Les populations se déplacent, créent des espaces parfois peu habitables ; ce qui engendre des problèmes d’ordre humanitaire. Quel avenir proposera-t-on à la nouvelle génération ? Que voulons-nous lui transmettre ? Quel type de citoyenneté allons-nous construire avec elle ? Si nous ne relevons pas ce défi, nous aurons des hordes pour Boko Haram et d’autres mouvements nihilistes.

 

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